Dépersonnalisation / déréalisation :
de quoi parle-t-on ?

Appartenant au spectre dissociatif, les symptômes de dépersonnalisation et déréalisation se caractérisent toujours par une sensation inquiétante d'étrangeté vis-à-vis de soi-même dans la dépersonnalisation et vis-à-vis du monde extérieur dans la déréalisation. 

L'étrangeté propre à la dépersonnalisation concerne un ou plusieurs de ces points : 

- Le patient éprouve que certaines parties de son corps ou son enveloppe corporelle entière ne lui appartiennent pas ;
- Au miroir, le reflet apparaît défait de sa familiarité habituelle ;
- Les émotions semblent s'être évaporées, induisant une impression d'anesthésie affective ;
- Globalement est ressentie une persistante sensation de détachement de sa personne, de ses propres gestes et de ses propres pensées.
 

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Du côté de la déréalisation, l'étrangeté s'opère autrement :

 

- Le monde extérieur, les choses et les gens paraissent à distance extrême, donnant l'impression au patient d'être derrière une vitre ou un voile ;

- La réalité a une allure artificielle, parfois décrite comme une "pièce de théâtre" ou un "décor de film" ;

- Les perceptions de la réalité sont douloureuses pour le patient, qui se sent rapidement saturé par les informations sensorielles (par exemple : les bruits sont perçus comme lointains, une forte luminosité accentue l'étrangeté, le contact peau à peau est vécu comme agressif...).

 

De tels symptômes éprouvés brièvement sont peu voire pas pathologiques et s'expliquent par des moments ponctuels de fatigue ou d'anxiété. Toutefois, lorsque ces mêmes symptômes s'installent au long-terme et sont permanents ou récurrents sans se justifier par un trouble schizophrénique ou une manifestation post-traumatique, l'hypothèse diagnostique la plus plausible est celle d'un syndrome de dépersonnalisation / déréalisation. 

Du symptôme au syndrome

Les spécificités d'un vécu de syndrome de dépersonnalisation / déréalisation sont d'une part l'installation au long-terme des symptômes précédents et d'autre part les éléments suivants : 

 

- La conscience normale du patient est conservée, son jugement et ses  aptitudes cognitives sont intacts et cela indépendamment de l'ampleur prise par les symptômes dissociatifs ;

- Le vécu du syndrome s'accompagne d'une dégradation de la qualité de vie, d'une angoisse majeure au quotidien et/ou de symptômes dépressifs et/ou d'accès suicidaires. 

Le patient peut également décrire une  grandissante certitude de  "devenir fou" et se soupçonner de basculer dans la schizophrénie. Cet élément est généralement davantage propre au phénomène de dépersonnalisation qu'au phénomène de déréalisation.

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Prise en charge du trouble

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Encore très peu étudié en tant que trouble psychique à part entière, le syndrome de dépersonnalisation / déréalisation est souvent à tort inclus par les praticiens en santé mentale dans le spectre de la schizophrénie ou du post-traumatisme. Toutefois, la rencontre avec les patients dépersonnalisés / déréalisés montre que, pour la plupart d'entre eux, il ne s'agit ni de l'un ni de l'autreSi la difficulté des spécialistes à prendre en charge les patients concernés s'explique par le manque de documentation scientifique sur le sujet, de ces confusions diagnostiques naissent des projets thérapeutiques inefficaces car inadaptés.

 

En France et à l'internationale, la recherche n'a pas encore abouti à créer un traitement médicamenteux guérissant les symptômes permanents de dépersonnalisation / déréalisation. Cette absence de molécule ne signifie pas que le syndrome est destiné à persister tout au long de la vie du patient. L'intérêt de la prise en charge psychothérapeutique est avant tout de diminuer les syndromes anxieux et/ou dépressifs et/ou suicidaires associés au vécu dissociatif. La résolution de ces problématiques montre l'amélioration majeure de la qualité de vie ainsi que la forte atténuation des symptômes de dépersonnalisation / déréalisation. 

Points-clefs de la thérapie

 

1)  Investigation 

 

Nous cherchons à dépister dans votre vécu actuel les manifestations de dépersonnalisation / déréalisation, pour proposer une hypothèse diagnostique sur leur nature.   

2)  Psychoéducation

 

La psychoéducation est l'explication donnée par le psychologue sur la façon dont vous fonctionnez. Au cours de la thérapie, vous êtes informé sur les rouages et mécanismes de vos symptômes du point de vue cognitif et psychique.    

3)  Stratégies d'adaptation

 

Grâce à la mise en lien des événements marquants de votre histoire, vous posez du sens sur vos symptômes dissociatifs et vous comprenez en quelle mesure votre angoisse se maintient encore aujourd'hui. En concluant sur les causes éventuelles de vos difficultés, nous exploitons les différentes façons d'adapter votre vie quotidienne à vos symptômes. Au fur et à mesure de la thérapie et en fonction de l'intensité de votre angoisse, nous inversons la tendance initiale en adaptant vos symptômes à votre vie quotidienne. 

Prise de rendez-vous

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Prendre part à la recherche

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Vous vivez un syndrome de dépersonnalisation / déréalisation et souhaitez participer à faire avancer la recherche à son propos ? À l'adresse e-mail ci-dessous, vous êtes invité(e) à faire part de votre intérêt :

charles.ailhaud@outlook.fr

Une potentielle participation s'effectue dans le cadre d'un travail de thèse de Doctorat.